La société XYT imagine et assemble depuis presque un an ses véhicules propres et modulaires sur l’ex-base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge.

Ce ne sont plus des avions qui s’élancent de l’ancien centre d’essai en vol de Brétigny-sur-Orge (Essonne), mais des voitures électriques. En juillet dernier, la société XYT (anciennement France Kraft) quittait La Friche, un entrepôt installé à Viry-Châtillon, pour poser carrosseries et moteurs dans d’anciens bâtiments situés sur l’ex-base aérienne 217, du côté du Plessis-Pâté.

Des véhicules adaptés à touts types de services

Des locaux qui doivent permettre aux deux concepteurs, Marc Chevreau et Simon Mencarelli, de développer leur idée : construire des véhicules modulaires adaptés à tout type de services autour de trois gammes de voitures atypiques, X, Y et T.

« Nous avons choisi ce nom pour qu’il soit universel avec le X et Y qui représentent l’homme et le T la technologie. L’originalité de nos modèles, c’est qu’ils peuvent être montés comme des Lego, sourit Simon Mencarelli. Nous pouvons les personnaliser pour répondre aux attentes de nos clients. »

L’entreprise a d’abord commercialisé une petite citadine électrique, la Y, dont 80 modèles circulent déjà dans toute la France, pour une valeur moyenne de 20 000 € (batterie comprise). Une flotte de 30 autres est louée régulièrement, notamment à la société Live Nation (voir ci-dessous).

Elle se lance aujourd’hui un autre défi : une camionnette, la X, qui, en fonction des besoins, peut contenir un volume variable.

Une partie de la flotte des véhicules de la société XYT, proposée à la location, sont exposées devant l’entrée de l’entrepôt, situé sur l’ex base aérienne 217, au Plessis-Pâté.

Une solution pour livrer dans Paris ?

« Nous ciblons des entreprises qui livrent sur les derniers kilomètres, précise-t-il. Nous sommes en train de définir les meilleurs aménagements pour améliorer leur productivité. En fonction du type de charge, nous avons pensé à mettre des ouvertures de chaque côté du véhicule. Nous avons imaginé un espace réservé au diable (NDLR : appareil servant à porter les colis) afin qu’il ne prenne pas inutilement la place d’un colis. Ce sont pleins de petites astuces qui, mises bout à bout, font de cet utilitaire un véhicule très efficace. »

Une idée qui pourrait révolutionner le travail des artisans et commerçants qui rencontrent de plus en plus de difficultés à livrer leurs produits notamment dans Paris. L’interdiction du diesel dans la capitale d’ici quelques années pourrait aussi être surmontée par ces camionnettes.

« Un enjeu environnemental qu’il faut prendre en compte dès aujourd’hui »

« Rouler en électrique n’est pas un choix fait forcément par plaisir, mais c’est un enjeu environnemental qu’il faut prendre en compte dès aujourd’hui, assure Simon Mencarelli. Nous allons plancher sur l’utilisation d’autres énergies qui serviront de prolongateur d’autonomie comme l’hydrogène et le gaz naturel. Après, nos véhicules ne sont pas prévus pour partir en vacances ou faire de longs trajets à 130 km/h. Nos citadines ont une autonomie de 200 km, cela est bien suffisant pour notre cible de clientèle. »

Reste la gamme T de XYT. Il s’agit de navettes pour transport de passagers. Mais elles qui ne sont pour le moment qu’à l’étape de prototype.

Les véhicules de la société YXT permettront aux entreprises de transport d’effectuer des livraisons de proximité en respectant l’environnement.

« Ces voitures, elles sont juste incroyables »

« Elles ont bouleversé notre travail. » Quand Paul Engalenc parle des voitures électriques construites par la société XYT, il est dithyrambique.

Le directeur de production du Download Festival, qui se déroulera du 15 au 18 juin sur l’ex-base aérienne, a totalement été séduit par ce mode de déplacement écologique. « Avant, on utilisait des golfettes, mais ce n’était vraiment pas pratique, assure-t-il. Elles ne sont pas homologuées pour rouler sur la route, et les amortisseurs laissent à désirer. Là, on peut atteindre les 100 km/h. Ces voitures, elles sont juste incroyables tant elles sont pratiques. »

La rencontre entre la société et les membres de Live Nation, qui organise le festival rock, s’est faite directement sur la base, lors des repérages opérés pour accueillir l’événement. Depuis, la société ne jure que par eux. « Nous les utilisons sur toutes nos autres manifestations, comme pour le Main Square Festival à Arras ou Lollapalooza qui se joue sur l’hippodrome de Longchamp. » Et Paul Engalenc en est persuadé : « Quand les autres organisateurs vont découvrir toutes les possibilités qu’offrent ces petites voitures, ils vont se les arracher. »

Clés
1 000 m2 : la superficie des locaux.
5 : le nombre de salariés, dont les deux concepteurs.
750 kg : le poids d’une citadine de XYT.
900 kg : le poids d’un utilitaire, qui peut atteindre jusqu’à 1 t.
1 000 : le nombre de véhicules utilitaires en circulation d’ici 2020.

Le respect de l’environnement, un atout pour Pack services

Pour Mounir Bouzidi, président de Pack services, une société spécialisée dans le transport routier de fret de proximité, « la force de la société XYT, c’est sa souplesse ». Le dirigeant est en pleine négociation pour la signature d’un futur contrat.

« Nous voulons nous concentrer sur des modes de déplacements écologiques, il y a un vrai marché qui s’ouvre en ce moment, explique-t-il. La société XYT peut répondre à nos attentes. » Ce qui plaît à Mounir Bouzidi, c’est surtout les différentes possibilités d’aménagement, avec des grandes portes qui s’ouvrent de chaque côté, facilitant le chargement des marchandises. « L’autonomie est d’environ deux heures, mais cela n’est pas un handicap. Nous nous organiserons pour faire deux tournées dans la journée. Ça vaut le coup d’investir pour les années à venir. »